Quand non voudrait dire oui

Quand "non" voudrait dire "oui"

« No means no ». C’est ce que nous ont appris les nombreuses campagnes contre le viol depuis les années 1990. Pourtant, dans l’intimité, certaines femmes verbalisent parfois un « non » de principe, qui serait censé signifier « oui ». Pour quelles raisons ? Et quelles sont les conséquences de ce faux « non » ?

quand non voudrait dire oui

 

Les femmes, spécialistes du « non » de principe

En discutant avec des ami.e.s ou dans des espaces de travail dédiés, on se rend compte que le fait de dire « non » alors qu’on veut dire « oui » est un comportement courant chez les femmes (hétérosexuelles) et tout à fait intégré chez les hommes (hétérosexuels). Pourtant, pas facile de trouver des informations sur le sujet. Une étude américaine réalisée en 1988[1], – impossible de trouver des chiffres plus récents – indique que 39,6% des femmes ont déjà dit « non » à leur partenaire en voulant dire « oui ». C’est ce qu’on appelle « token resistance », c’est-à-dire le fait de résister pour la forme et de dire « non » par principe. Qu’est-ce qui pousse donc les femmes à banaliser cette pratique et qu’est-ce que cela peut-il bien leur apporter ?

Ne pas passer pour une fille facile

« Surtout ne jamais coucher le premier soir ! » Nous a-t-on appris, à nous, femmes. Dire « non » permettrait alors de retarder l’échéance sexuelle et de ne pas coucher « trop vite », pour ne pas être considérée comme une fille facile, une instable ou une traînée.  Ce serait alors une sorte de convention sociale que toute femme « qui se respecte » suit à la lettre.

Car derrière cette injonction, transparaît l’idée qu’il est avilissant et dégradant pour une femme d’exprimer son désir et de choisir de vivre sa sexualité comme et quand elle l’entend. Ce cliché est autant intégré par les hommes que par les femmes.

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