On ne peut pas être toxique tout seul

On ne peut pas être toxique tout seul

Un ami qui devient agressif dès qu’il a un coup dans le nez, une maman qui nous reproche de ne jamais lui téléphoner, une ancienne copine de classe qui nous sollicite uniquement quand elle va mal, un tonton raciste qui débite des horreurs à chaque repas de famille… Nous avons toustes dans notre entourage des proches qui abusent, ont des comportements qui nous dérangent, nous mettent mal à l’aise, mais à qui l’on passe tout au nom de notre relation et de l’affection qu’on leur porte.

toxique
© Camille Ulrich

 

Tout accepter de ceux qu’on aime

"Les gens sont comme ça, il faut les accepter avec leurs défauts, c’est le propre de la famille/l’amour/l’amitié". Les conventions sociales nous apprennent que certaines choses ne se font pas. Par exemple, la loyauté que l’on porte à des ami.e.s de longue date ou à sa famille est censée être inébranlable et éclipser nos divergences. Dès le plus jeune âge, on nous apprend « à faire avec » tel ou tel trait de caractère de ces personnes.

Dans nos sociétés occidentales, il est très mal vu, voire incompréhensible, de se fâcher ou de rompre avec ses parents ou des ami.e.s intimes parce que nous sommes en désaccord avec eux ou ne cautionnons pas certains de leurs comportements. C’est ainsi que commence notre apprentissage des rapports humains : il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien, il faut gérer, faire avec, laisser passer l’orage, fermer les yeux.

Ces personnes que l’on connaît souvent depuis l’enfance avaient une forme d’ascendant sur nous, parce qu’elles étaient adultes, s’il s’agit de membres de notre famille, ou parce qu’on les admirait ou qu’on était influencé.e.s par elles, s’il s’agit d’ami.e.s. Mais à l’époque, notre jeune âge nous a privé.e.s de discernement et une fois adulte, ces relations non choisies ne nous conviennent plus.

Aujourd’hui, on se retrouve alors à devoir plutôt les gérer qu’à les apprécier pleinement. Ces personnes semblent tout se permettre au nom de notre lien, avec l’idée que ce qui n’est pas acceptable dans d’autres sphères de la vie l’est dans l’intimité. Et quand on manifeste notre contrariété, l’entourage et la société nous rappellent vite fait qu’il est importun et ingrat de mettre fin à des relations historiques, surtout quand il existe des liens de sang. 

On constate qu’il semble admis par toustes que l’historicité et la longévité d’une relation autorisent les plus gros dysfonctionnements sans mettre cette relation en péril. Dès lors que nous sommes à l’extérieur d’une relation amoureuse, la rupture semble inenvisageable.

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