Le mythe de l'érection

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Ces articles offrent une base de réflexion sur ces thématiques.

Le mythe de l'érection

Dans notre société, l’érection est présentée comme la condition sine qua non du rapport sexuel. Cependant, on peut – par excès de prudence – s’interroger sur le bien-fondé d’une idée hétérocentrée et phallocentrée de la sexualité qui se focalise sur la tension du nerf érectile de monsieur. Quels sont les réels enjeux de l’érection ? Qu’en pensent les hommes ? Et les femmes ?

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Une mécanique mal connue

Les hommes bandent. C’est même ce qui fait d’eux des hommes. Quelle différence y a-t-il entre une érection motivée par le désir et une érection motivée par l’excitation ? Quelle différence y a-t-il entre une érection juste « mécanique » – comme celle du réveil – et une érection causée par de l’excitation ou du désir ? Comment faire la différence entre bander quand je suis excité, bander quand j’ai du désir et bander quand je me réveille ?

Dans un contexte où la pénétration est promue comme l’acte sexuel de la norme auquel il est difficile d’échapper (voir l'article Ce que cachent les préliminaires), comment s’aventurer dans sa sexualité quand on n’a pas de moyens sûrs de savoir ce qui motive telle ou telle érection ?

Pour qu’il y ait pénétration, il faut qu’il y ait érection. Dans ce cadre-là aussi, on observe un certain nombre d’injonctions qui ont la dent dure.

Il n’est pas nécessaire de bander à son maximum pour pouvoir pénétrer. Ce qu’on appelle communément « la demie-molle » peut convenir et donner lieu à un rapport tout à fait satisfaisant pour l’homme comme pour la femme. Seulement voilà, quelques notions insidieuses venues s’immiscer dans l’imaginaire collectif nous poussent à croire qu’un sexe qui n’est pas dur comme l’acier ne procure pas de plaisir.

Quelques hommes reconnaissent qu’ils peuvent éprouver énormément de plaisir avec une érection partielle, mais se sentent gênés vis-à-vis de leur partenaire. Ils sont persuadés que les sensations sont moins agréables et avoueront ne jamais oser en parler ensuite, par peur d’être dévalorisés dans leur potentiel sexuel.

Ces hommes là sont minoritaires et ils appartiennent à la catégorie de ceux qui questionnent ces schémas assignés. Pour la grande majorité des hommes, l’acte de bander constitue le socle de leur masculinité. Ils vont construire leur sexualité autour de leur propre satisfaction concernant leurs érections, comme une auto-sexualité dans laquelle les partenaires ne seront que des faire-valoir. Des marqueurs de l’expression triomphante de leur masculinité caricaturée.   

Du côté des hommes : le saint Graal  

L'érection, étant censée ouvrir la seule porte qui permet d’avoir des rapports sexuels dignes de ce nom, va devenir une quête absolue, pour tout homme qui se respecte. Pas le choix, il n’y a aucun autre modèle proposé. Cependant, il y a un tabou qui peine à éclore : les hommes aussi ont recours à la simulation (voir l'article Simuler pour ne pas dire non ?)

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