Quand les vidéos violentes d’enfants nous divertissent

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Quand les vidéos violentes d’enfants nous divertissent

400 heures de vidéos. Tel est le contenu mis en ligne chaque minute sur YouTube. Parmi elles, fleurissent régulièrement des scènes d’enfants dont on rit volontiers. On s’extasie devant leurs exploits ou on a mal pour eux quand ils chutent. Que nous raconte cette tendance très en vogue et qu’est-ce que la consommation de ces images nous dit sur nous-mêmes ? 

videos enfants

 

L’entertainment à tout prix

Qui ne s’est jamais surpris à rire d’une vidéo « cocasse » dans laquelle un enfant pleure à chaudes larmes parce que sa part de gâteau d’anniversaire vient de s’écraser au sol alors qu’il venait tout juste de la commencer ? On rit volontiers des petits malheurs des autres, ça ne mange pas de pain. D’autres vidéos nous montrent des adultes s’amusant à effrayer des enfants. On rit alors de leurs sursauts, de leur panique, des chutes et des larmes qui accompagnent ces situations. Tous ces enfants à qui on joue de vilains tours et qui se retrouvent dans des postures plus humiliantes que fun… Cela nous est bien arrivé une fois de nous amuser de ce genre de vidéos, non ? La bonne rigolade est de mise. Les adultes qui postent ces vidéos le font pour partager avec la communauté des bons moments passés en famille ou entre ami.e.s. On remarquera que, bien évidemment, ce ne sont pas les enfants qui postent ces vidéos dans lesquels ils sont ridicules, effrayés et/ou en pleurs. Nous sommes alors en droit de nous demander si le consentement de ces enfants, acteurs de premier plan de ces vidéos, a été dûment interrogé.

Ce qui fait exploit, on ne peut pas le moquer

A l’inverse, on observe également des adultes mettant en scène de petits génies, sportive.if.s de haut niveau dont les exploits feraient rougir de honte n’importe qui. Là, il n’est plus du tout question de se moquer ou de prendre ces petits êtres en pitié. On se retrouve complètement abasourdi par leurs qualités athlétiques, leur force, leur technique, leur endurance. On réalise souvent qu’on ne tiendrait pas une journée au rythme qui leur est imposé. Les performances dont nous sommes les témoins « privilégiés » sont tellement intenses qu’on cherche le « trucage », le tour de magie, le « fake ». Mais il ne vient pas. On est bien en présence d’un adulte qui nous montre combien l’enfant à l’image est fort et comment il est conforme à ce que l’adulte souhaite. 

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