Qui sommes-nous ?

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© Marianne Dorell

Éloïse Bouton et D’ de Kabal commencent à travailler ensemble en 2016 par le biais de Madame Rap, où l’artiste donne une interview et sort plusieurs projets.

A l’époque, D’ de Kabal, qui travaille depuis plusieurs années à l’écriture de spectacles autour des problématiques de genre, vient de lancer ses Laboratoires de déconstruction et redéfinition du masculin par l’art et le sensible, groupes de paroles non-mixtes réservés aux hommes. Il demande alors à Éloïse Bouton de développer le pendant de son projet, afin de le proposer à un public de femmes. Le but consiste à réunir les groupes de parole de femmes et d’hommes en un laboratoire mixte pour faire converger les propos échangés.

En 2017, ils co-écrivent le film LE BRUIT DE NOS SILENCES sur la déconstruction du masculin, qui est diffusé le 6 mars 2018 sur France Ô.

Éloïse Bouton

Journaliste indépendante, autrice, militante féministe et LGBT+, Éloïse Bouton est spécialisée dans les droits des femmes, les féminismes et le hip hop. Elle est également la fondatrice de Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop.

Diplômée d’un master d’anglais et d’un master de journalisme, elle a notamment travaillé pour Les Inrockuptibles, Causette, L’Obs, Le Parisien magazine, Femme Actuelle et L’Express.

Depuis l’adolescence, Éloïse Bouton s’investit dans différentes structures associatives, féministes, anti-racistes ou LGBT+. Elle a milité entre autres chez Osez le Féminisme, La Barbe et Femen.

En 2013, elle mène une action individuelle pro-avortement avec Femen à l’église de la Madeleine à Paris. Un an plus tard, elle est condamnée pour exhibition sexuelle, une décision dont elle fait appel. Sa condamnation est confirmée par la Cour d’appel de Paris en 2017 et elle se pourvoit en cassation. Elle se bat depuis pour faire changer la loi sur l’exhibition sexuelle, qui entraîne la condamnation de femmes torse nu dans l’espace public alors que ce n’est pas le cas des hommes.

Lassée du militantisme collectif, elle part de Femen en 2014 et continue à militer sans étiquette. Depuis 2014, elle donne des conférences sur les violences, le hip hop ou le féminisme (dont « Comment je suis devenue féministe freelance » au TEDxChampsÉlyséesWomen 2016).

Elle est également l’autrice de Confession d’une ex-Femen (2015) et The Queen Christine, un essai sur la chanteuse Christine and the Queens (2016).

En 2015, elle lance Contre Coups, une compilation caritative de 12 femmes contre les violences faites aux femmes. Tous les bénéfices générés sont reversés à l’Institut en Santé Génésique, établissement basé à Saint-Germain-en-Laye qui accueille des femmes victimes de toutes formes de violences.

La même année, elle lance le Tumblr Paye Ton Troll, inspiré du célèbre Paye Ta Shnek de Anaïs Bourdet, qui dénonce le cyberharcèlement et les violences en ligne.

Fin 2015, elle fonde Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop. Madame Rap est aussi une association de loi 1901 qui programme des artistes internationales dans le cadre de concerts, festivals, freestyles et cyphers, organise dans toute la France des ateliers de sensibilisation et d’écriture auprès de jeunes publics et participe à des conférences et tables rondes.

En 2016, elle accompagne l’Association Agir pour la santé des femmes (ADSF) lors de maraudes en Ile-de-France et recueille pendant six mois les propos de femmes en précarité́. En 2017, elle présente ses textes, accompagnés des photographies d’Erwan Balanant, à la Villa des Arts à Paris. Leur projet, intitulé « À la rencontre des femmes oubliées » est également exposé au Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes.

En 2018, elle crée et co-anime Les Kif Kif, première cérémonie de remise de prix de l’égalité́ femmes-hommes qui a lieu à Stéréolux à Nantes.

Elle a été victime d’inceste, de viol, de violences physiques, de harcèlement sexuel au travail, de violences conjugales, de revenge porn, de harcèlement et de cyber-harcèlement. Aucun de ses agresseurs n’a été inquiété, arrêté ou condamné.

Elle se définit comme queer ou bisexuelle (selon l’auditoire !).  –

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D’ de Kabal

En 1993, D’ de Kabal co-fonde le groupe de rap, Kabal aux côtés de Djamal. Le groupe, originaire de Bobigny (93), officie jusqu’en 2000 et sort plusieurs disques.

En 1998, D’ découvre le théâtre en tant que comédien et rappeur avec l’auteur et metteur en scène Mohamed Rouabhi (Malcolm X, Soigne ton droit, Requiem Opus 61, Vive la France II).

À partir de 2003, il enchaîne les albums solo (4 albums + le coffret 6 CD NOTRAP en 2015) et divers projets musicaux. Il enregistre quatre albums avec son groupe Spoke Orkestra aux côtés de Franco Mannara, Felix J, Nada et Abd El Hak. Il tourne aujourd’hui avec le projet Trio Skyzo Phony.

En 2005, il crée sa compagnie R.I.P.O.S.T.E, puis écrit et monte son premier spectacle, Écorce de peines, qui traite de la particularité d’être un descendant d’esclave en France au XXe siècle. En 2011, ce premier spectacle est joué augmenté d’une suite dans le diptyque Contes Marrons.

En 2018, après une douzaine de spectacles créés et joués un peu partout, il écrit et crée Orestie, Opéra Hip Hop avec Arnaud Churin à la MC93.

Il intervient régulièrement dans le cadre d’ateliers de réflexion, d’écriture et de théâtre en France et ailleurs, ainsi qu’en détention.

La misogynie et le sexisme régnant dans tous les milieux qu’il traverse et se sentant parfois acteur / complice de ce qu’il observe, D’ se demande comment, en tant qu’homme, il peut parvenir à se saisir de ces questions et interroger sa propre posture. Il entame alors un nouveau cycle de travail d’écriture.

En 2014, après une année de rencontres et d’entretiens individuels autour des violences intimes et de la sexualité, confronté à des matériaux forts mais ne sachant pas encore quoi en faire, il décide de mettre en scène son propre personnage et de livrer des parcelles de son histoire intime dans le spectacle L’homme-femme / les mécanismes invisibles, créé à l’été 2015 au festival d’Avignon dans le cadre de La belle Scène Saint-Denis. Les retours du public le poussent à créer les Laboratoires de Déconstruction et Redéfinition du Masculin par l’Art et le Sensible dès 2016.

À Bobigny depuis 2016, Villetaneuse (93) depuis 2017, Kourou (Guyane), Fort-de-France (Martinique), ces groupes de paroles masculin non mixtes se construisent et portent un éclairage inédit sur l’intimité masculine.

En 2017, il écrit et joue une conférence musicale, Le masculin dans son rapport au féminin et à lui-même.

Victime d’agressions sexuelles perpétrées par une femme à l’âge de 9 ans, de violences physiques et psychologiques enfant et de viol à l’âge adulte, il inscrit ces agressions dans sa biographie en 2018 parce qu’il comprend qu’elles sont un des moteurs de son travail personnel et privé, dans un premier temps, artistique et public aujourd’hui.

En mars 2019, il jouera son nouveau spectacle Fêlures / le silence des hommes au théâtre de la Colline à Paris.

Livres

Il publie plusieurs ouvrages, surtout dans la collection théâtre, de son éditeur L’Oeil du souffleur.

Le masculin dans son rapport au féminin et à lui-même (septembre 2018, L’Oeil du souffleur).

Décolonisons les arts ! (ouvrage collectif , septembre 2018, L’Arche).