Qui sommes-nous ?

House of Consent est un média pédagogique qui vise à accompagner et informer sur les violences, la sexualité et le consentement et les liens qui peuvent exister entre les trois. 

 

La rubrique INFO

La rubrique INFO propose des articles de fond avec des angles orignaux sur des sujets en lien avec les violences, la sexualité et le consentement. Ces articles offrent une base de réflexion sur ces thématiques. 

 

La rubrique GUIDE

La rubrique GUIDE propose de mettre en pratique de manière pédagogique les thèmes abordés dans la rubrique INFO et de travailler ensemble sur ces questions. Cet accompagnement vise à tenter de vivre une sexualité et une vie sans violenceNous ne nous positionnons ni en coaches, ni en thérapeutes, mais partageons nos expériences et nos interrogations en tant que victimes et spécialistes de ces questions, et proposons un point de vue exclusif et bienveillant. 

 

Manifeste

Nous sommes une femme blanche queer* et un homme noir hétérosexuel. Nous nous sommes toujours positionnés au plus près de nos valeurs même si cela devait nous mettre en difficulté au sein de nos « groupes » respectifs. Chacun de nous est discriminé à un endroit, dans son quotidien. Et c’est de cette place là que nous nous adresserons à vous. Pour devenir, il faut d’abord être, nous sommes House of Consent.

House of Consent (HOC) est un espace qui vise à informer sur la sexualité, le consentement, les violences et les liens qui peuvent exister entre ces trois formes d’interactions. HOC propose de vous accompagner à travers différentes étapes afin de vous permettre de vivre pleinement votre sexualité.

Après avoir travaillé pendant des années sur les questions du consentement, des violences et de la sexualité dans le cadre d’ateliers, de groupes de paroles, de laboratoires, d’associations, d’actions militantes ou d’entretiens auprès de tous types de publics (adultes, collégien.n.e.s, lycéen.n.es, étudiant.e.s, détenu.e.s, victimes de viol …), nous sommes arrivés au constat que la violence était présente dans tous les aspects de la vie, tout le temps, même là où on ne la voyait pas et qu’elle était souvent responsable de nombreux dysfonctionnements et souffrances dans notre intimité et nos relations aux autres. Nous avons alors émis le projet fou d’essayer de vivre une vie sans violence, en commençant par apprendre à l’identifier et à la traiter en temps réel. 

Nous vivons une époque paradoxale, où les médias et la culture dominante nous abreuvent de consignes et conseils en tous genres pour vivre une sexualité épanouie. Sous couvert de libération sexuelle, d’empowerment ou de quête obstinée de plaisir, le sexe est devenu un produit de consommation comme un autre. Il nous apparaît, au contraire, que l’espace intime et la sexualité devraient être considérés comme des éléments essentiels - donc précieux - de notre construction. 

D’autre part, la société dans son ensemble continue de produire des discours caricaturaux, discriminants, sexistes, racistes, classistes et LGBTphobes, qui excluent tout individu « hors normes » et n’a pour effet que de renforcer les dominants dans leur position de pouvoir. Face à ces injonctions contradictoires, on se débrouille comme on peut, avec ce qu’on a. Seulement, dans un pays où l’éducation sexuelle est proche du néant, et où les seuls espaces permettant d’aborder ces questions sont pétris de discours stéréotypés, on réalise qu’on dispose de très peu d’outils pour construire ou reconstruire un intime qui nous est propre. 

Si l’éducation nous apparaît être l’une des clés, il s’agit aussi de nous éduquer nous, adultes, et de déconstruire des schémas intégrés depuis le plus jeune âge, parfois de manière totalement inconsciente. Nous sommes convaincus que sans ce travail, les rapports humains continueront de reposer sur des schémas de domination et feront de la violence l’un des ingrédients centraux de la vie, de la sexualité et de toute forme d’interaction.

Deux récents articles du New York Times ont particulièrement attiré notre attention : Avital Ronell, professeure queer* et féministe à la New York University, accusée de harcèlement sexuel par un ancien étudiant gay, Nimrod Reitman, et l’actrice Asia Argento qui aurait versé 380 000 dollars à un acteur qui l’accusait d’agression sexuelle lorsqu’il était encore mineur.  La réception de ces deux articles traduit la manière dont la société se montre difficilement capable d’accepter que les femmes peuvent, elles aussi, produire de la violence, quelle que soit sa forme. Les hommes en seraient donc capables mais pas les femmes ? Pouvons-nous construire un monde égalitaire en étant persuadé que la violence appartient à un genre ?

Nous pensons que tout système qui protège un groupe d’individus aux dépens d’un autre est un système inégalitaire qu’il faut combattre : le système qui protège les hommes auteurs de violences sexuelles, tout comme le système qui protège les femmes auteures de violences sexuelles. Dans la volonté faussement bienveillante de nier la violence produite par les femmes, ces dernières se retrouvent une nouvelle fois réduite à une image stéréotypée de douceur et de soumission. Les raisons sociologiques qui conduisent les femmes à devenir des agresseuses ne sont assurément pas les mêmes que les hommes, mais il n’en demeure pas moins qu’il existe des femmes qui agressent. Reconnaître cette violence est aussi reconnaître aux femmes cette capacité de transgression. Tout système qui favorise la violence doit être combattu. HOC estime que le bon côté de la barricade est du côté des victimes, quelles qu’elles soient. Avoir été ou être victime ne légitime en rien le fait de devenir agresseuse/agresseur et être agressesuse/agresseur ne signifie pas que l'on n'a jamais été victime. 

Ces derniers temps, nous avons vu fleurir plusieurs plateformes ou programmes qui nous promettent une sexualité épanouie, initiés par des pseudos coaches de vie et des experts en séduction auto-proclamés, qui prônent un retour à des valeurs binaires, conservatrices et essentialistes, défendant l’idée que les femmes et les hommes seraient assignés à des fonctions et des rôles bien précis qu’il faudrait absolument conserver pour empêcher l’extinction de notre civilisation. Nous pensons que ce projet est un leurre, que cette société normée encourage les inégalités et le mal-être en enfermant les êtres humains dans des cases bien rigides et qu’il existe trop peu d’espaces pour remettre ces cases en question. 

Nous ne sommes ni thérapeutes, ni médecins, ni philosophes, ni politiciens, ni gourous. Nous sommes autrice et artiste. Nous avons été victimes et avons pris la mesure de l’impact des violences que nous avons subies sur la construction de notre intimité. Nous avons travaillé à tenter d’identifier ces violences afin de parvenir à les éliminer. Aujourd’hui, nous avons décidé de créer un espace de travail où nous pouvons nous adresser à vous sans enjeu de posture, sans tricheries et sans promettre un monde où ami.e.s et collègues seraient ébahi.e.s par votre assurance et à vos pieds.

À quoi bon œuvrer à la restauration d’une sexualité plus à l’écoute de nous-mêmes si le but est de perpétuer des rapports de domination ? Ce que nous proposons, c’est un accompagnement qui, nous le pensons, vous touchera dans votre intimité et vous permettra d’être plus à l’aise dans votre rapport à vous-même et donc dans vos rapports aux autres.  

Ce travail que nous vous proposons d’entreprendre, nous le faisons avec vous, et bien que nous l’ayons amorcé de longue date, il se poursuit toujours aujourd’hui. C’est une quête perpétuelle, parfois difficile et déroutante, mais nous sommes là pour témoigner que, malgré les difficultés, elle est possible et surtout que le chemin en vaut la peine.

Éloïse Bouton et D’ de Kabal

* Individus qui rejettent la vision binaire du genre, s’identifient à une orientation sexuelle ou une identité de genre non conformes aux normes sociales, ou refusent d’être étiquetés selon ces critères.

 

Eloise Bouton et D' de Kabal
© Marianne Dorell

Éloïse Bouton et D’ de Kabal commencent à travailler ensemble en 2016 par le biais de Madame Rap, où l’artiste donne une interview et sort plusieurs projets.

A l’époque, D’ de Kabal, qui travaille depuis plusieurs années à l’écriture de spectacles autour des problématiques de genre, vient de lancer ses Laboratoires de Déconstruction et Redéfinition du Masculin par l’Art et le Sensible, groupes de paroles non-mixtes réservés aux hommes. Il demande alors à Éloïse Bouton de développer le pendant de son projet, afin de le proposer à un public de femmes. Le but consiste à réunir les groupes de parole de femmes et d’hommes en un laboratoire mixte pour faire converger les propos échangés.

En 2017, ils co-écrivent le film LE BRUIT DE NOS SILENCES sur la déconstruction du masculin, qui est diffusé le 6 mars 2018 sur France Ô.

ÉLOÏSE BOUTON

Journaliste indépendante, autrice, militante féministe et LGBT+, Éloïse Bouton est spécialisée dans les droits des femmes, les féminismes et le hip hop. Elle est également la fondatrice de Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop. Elle a notamment travaillé pour Les InrockuptiblesCausetteL’ObsLe Parisien magazineFemme Actuelle et L’Express.

Depuis l’adolescence, Éloïse Bouton s’investit dans différentes structures associatives, féministes, anti-racistes ou LGBT+. Elle a milité entre autres chez Osez le FéminismeLa Barbe et Femen.

En 2013, elle mène une action individuelle pro-avortement avec Femen à l’église de la Madeleine à Paris. Un an plus tard, elle est condamnée pour exhibition sexuelle, une décision dont elle fait appel. Sa condamnation est confirmée par la Cour d’appel de Paris en 2017 et elle se pourvoit en cassation. Elle se bat depuis pour faire changer la loi sur l’exhibition sexuelle, qui entraîne la condamnation de femmes torse nu dans l’espace public alors que ce n’est pas le cas des hommes.

Lassée du militantisme collectif, elle part de Femen en 2014 et continue à militer sans étiquette. Depuis 2014, elle donne des conférences sur les violences, le hip hop ou le féminisme (dont « Comment je suis devenue féministe freelance » au TEDxChampsÉlyséesWomen 2016).

Elle est également l’autrice de Confession d’une ex-Femen (2015) et The Queen Christine, un essai sur la chanteuse Christine and the Queens (2016).

En 2015, elle lance Contre Coups, une compilation caritative de 12 femmes contre les violences faites aux femmes. Tous les bénéfices générés sont reversés à l’Institut en Santé Génésique, établissement basé à Saint-Germain-en-Laye qui accueille des femmes victimes de toutes formes de violences.

La même année, elle lance le Tumblr Paye Ton Troll, inspiré du célèbre Paye Ta Shnek de Anaïs Bourdet, qui dénonce le cyberharcèlement et les violences en ligne.

Fin 2015, elle fonde Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop. Madame Rap est aussi une association de loi 1901 qui programme des artistes internationales dans le cadre de concerts, festivals, freestyles et cyphers, organise dans toute la France des ateliers de sensibilisation et d’écriture auprès de jeunes publics et participe à des conférences et tables rondes.

En 2016, elle accompagne l’Association Agir pour la santé des femmes (ADSF) lors de maraudes en Ile-de-France et recueille pendant six mois les propos de femmes en précarité́. En 2017, elle présente ses textes, accompagnés des photographies d’Erwan Balanant, à la Villa des Arts à Paris. Leur projet, intitulé « À la rencontre des femmes oubliées » est également exposé au Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes.

En 2018, elle crée et co-anime Les Kif Kif, première cérémonie de remise de prix de l’égalité́ femmes-hommes qui a lieu à Stéréolux à Nantes.

Elle a été victime d’inceste, de viol, de violences physiques, de harcèlement sexuel au travail, de violences conjugales, de revenge porn, de harcèlement et de cyber-harcèlement. 

Elle se définit comme queer ou bisexuelle (selon l’auditoire !).  –

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D’ DE KABAL

En 1993, D’ de Kabal co-fonde le groupe de rap, Kabal aux côtés de Djamal. Le groupe, originaire de Bobigny (93), officie jusqu’en 2000 et sort plusieurs disques.

En 1998, D’ découvre le théâtre en tant que comédien et rappeur avec l’auteur et metteur en scène Mohamed Rouabhi (Malcolm X, Soigne ton droit, Requiem Opus 61, Vive la France II).

À partir de 2003, il enchaîne les albums solo (4 albums + le coffret 6 CD NOTRAP en 2015) et divers projets musicaux. Il enregistre quatre albums avec son groupe Spoke Orkestra aux côtés de Franco Mannara, Felix J, Nada et Abd El Hak. Il tourne aujourd’hui avec le projet Trio Skyzo Phony.

En 2005, il crée sa compagnie R.I.P.O.S.T.E, puis écrit et monte son premier spectacle, Écorce de peines, qui traite de la particularité d’être un descendant d’esclave en France au XXe siècle. En 2011, ce premier spectacle est joué augmenté d’une suite dans le diptyque Contes Marrons.

En 2018, après une douzaine de spectacles créés et joués un peu partout, il écrit et crée Orestie, Opéra Hip Hop avec Arnaud Churin à la MC93.

Il intervient régulièrement dans le cadre d’ateliers de réflexion, d’écriture et de théâtre en France et ailleurs, ainsi qu’en détention.

La misogynie et le sexisme régnant dans tous les milieux qu’il traverse et se sentant parfois acteur / complice de ce qu’il observe, D’ se demande comment, en tant qu’homme, il peut parvenir à se saisir de ces questions et interroger sa propre posture. Il entame alors un nouveau cycle de travail d’écriture.

En 2014, après une année de rencontres et d’entretiens individuels autour des violences intimes et de la sexualité, confronté à des matériaux forts mais ne sachant pas encore quoi en faire, il décide de mettre en scène son propre personnage et de livrer des parcelles de son histoire intime dans le spectacle L’homme-femme / les mécanismes invisibles, créé à l’été 2015 au festival d’Avignon dans le cadre de La belle Scène Saint-Denis. Les retours du public le poussent à créer les Laboratoires de Déconstruction et Redéfinition du Masculin par l’Art et le Sensible dès 2016.

À Bobigny depuis 2016, Villetaneuse (93) depuis 2017, Kourou (Guyane), Fort-de-France (Martinique), ces groupes de paroles masculin non mixtes se construisent et portent un éclairage inédit sur l’intimité masculine.

En 2017, il écrit et joue une conférence musicale, Le masculin dans son rapport au féminin et à lui-même.

Victime d’agressions sexuelles perpétrées par une femme à l’âge de 9 ans, de violences physiques et psychologiques enfant et de viol à l’âge adulte, il inscrit ces agressions dans sa biographie en 2018 parce qu’il comprend qu’elles sont un des moteurs de son travail personnel et privé, dans un premier temps, artistique et public aujourd’hui.

En mars 2019, il jouera son nouveau spectacle Fêlures / le silence des hommes au théâtre de la Colline à Paris.

Livres

Il publie plusieurs ouvrages, surtout dans la collection théâtre, de son éditeur L’Oeil du souffleur.

– Le masculin dans son rapport au féminin et à lui-même (septembre 2018, L’Oeil du souffleur).

– Décolonisons les arts ! (ouvrage collectif , septembre 2018, L’Arche).